BasketMan.fr, accueil
NBA

La Dream Team 1992 : la plus grande équipe jamais réunie

La Dream Team 1992 : la plus grande équipe jamais réunie

La Dream Team 1992 reste, plus de trente ans après les Jeux de Barcelone, la référence quand on évoque les meilleures sélections nationales de l'histoire du basket. Douze joueurs, presque tous déjà stars affirmées en NBA, ont porté le maillot floqué USA le temps d'un tournoi olympique resté dans les mémoires. Pour la première fois, les professionnels avaient le droit de disputer les Jeux, et le résultat a dépassé les attentes les plus folles.

Cette équipe n'a pas juste raflé l'or. Elle a transformé le basket en spectacle planétaire, changé le regard des autres nations sur ce sport et donné envie à toute une génération de jeunes joueurs étrangers de rejoindre, un jour, la NBA.

Pourquoi les pros ont enfin pu jouer aux Jeux olympiques

Jusqu'à la fin des années 1980, seuls des joueurs amateurs représentaient les États-Unis aux Jeux olympiques, le plus souvent de jeunes universitaires. Pendant ce temps, l'Union soviétique et la Yougoslavie alignaient des joueurs quasi professionnels, sous couvert de statut militaire ou d'État. Le déséquilibre avait fini par coûter cher : la défaite controversée en finale des Jeux olympiques de 1972 face à l'URSS, puis la troisième place obtenue en 1988 à Séoul, avaient convaincu la fédération américaine qu'il fallait changer de politique.

Le 7 avril 1989, à Munich, les délégués de la FIBA votent à 56 voix contre 13 pour autoriser les joueurs professionnels à disputer les compétitions internationales, Jeux olympiques compris. Une proposition soviétique visant à limiter chaque sélection à deux joueurs NBA est rejetée à l'unanimité. La fédération américaine du basket amateur, elle, vote contre : la mesure menace le rôle central qu'occupaient jusque-là les universités dans la sélection nationale. Le changement s'applique dès les Jeux de Barcelone, en 1992.

Un effectif jamais revu depuis

Le sélectionneur Chuck Daly, entouré des adjoints Lenny Wilkens, P.J. Carlesimo et Mike Krzyzewski, hérite d'un groupe où onze joueurs sur douze finiront un jour au Basketball Hall of Fame à titre individuel, l'équipe elle-même y étant intronisée collectivement en 2010. La liste parle d'elle-même :

  • Michael Jordan
  • Magic Johnson
  • Larry Bird
  • Charles Barkley
  • Patrick Ewing
  • David Robinson
  • Karl Malone
  • John Stockton
  • Scottie Pippen
  • Clyde Drexler
  • Chris Mullin
  • Christian Laettner

Onze places reviennent à des professionnels déjà installés au sommet de la NBA. Clyde Drexler décroche la dernière, en tant que dauphin de Jordan au titre de MVP de la saison 1991-1992. Christian Laettner, lui, représente le monde universitaire : double champion NCAA avec Duke en 1991 et 1992, il est le seul étudiant du groupe, choisi pour respecter la tradition qui voulait qu'un joueur collégial figure dans la sélection.

Barcelone 1992, une démonstration de force

Sur le terrain, la compétition tourne vite à la formalité. Aucun adversaire ne s'approche à moins de trente points, et certains joueurs adverses profitent de la rencontre pour demander une photo ou un autographe avant le coup d'envoi, tant l'écart de niveau et de notoriété leur paraît insurmontable.

AdversaireScore
Angola116-48
Croatie103-70
Allemagne111-68
Brésil127-83
Espagne122-81
Porto Rico (quarts de finale)115-77
Lituanie (demi-finale)127-76
Croatie (finale)117-85

Sur l'ensemble du tournoi, l'écart moyen atteint 43,8 points par match, un niveau de domination sans équivalent dans le basket olympique moderne. La finale face à la Croatie, remportée 117 à 85, reste malgré tout le match le plus disputé du parcours : un adversaire courageux, porté par son public, mais qui ne pouvait rien face à un tel réservoir de talent.

Isiah Thomas, la grande absence

Un nom manque à l'appel, et il continue d'alimenter les discussions des décennies plus tard : Isiah Thomas, meneur des Pistons et double champion NBA avec Detroit, ne figure pas dans le groupe. Les explications avancées se recoupent toutes. La rivalité féroce entre ses Bad Boys et les Bulls de Jordan, à la fin des années 1980, avait laissé des traces profondes, et plusieurs cadres de la Dream Team, dont Jordan et Bird, auraient exprimé leur réticence à le voir rejoindre l'aventure.

David Robinson, des années plus tard, résumera la situation sans détour : la chimie du groupe comptait aussi dans les choix de sélection. Thomas, de son côté, a toujours contesté cette version et revendiqué sa place parmi les meilleurs meneurs de son époque. Le débat, à ce jour, n'est toujours pas tranché.

L'héritage mondial de la Dream Team

Au-delà de l'or olympique, cette équipe a durablement changé la manière dont le basket circule dans le monde. Les images de Barcelone ont touché des pays où la NBA restait, jusque-là, une abstraction lointaine, et elles ont nourri les vocations d'une génération de jeunes joueurs sur plusieurs continents. Dans la décennie qui suit, le nombre de joueurs internationaux qui rejoignent la NBA augmente, un mouvement que l'on peut directement relier à l'exposition offerte par ce tournoi.

La Dream Team 1992 n'a pas gagné qu'un tournoi : elle a servi de vitrine à un sport qui allait, dans les années suivantes, s'exporter bien au-delà des frontières américaines. Aucune sélection réunie depuis, y compris les versions successives de la Team USA, n'a retrouvé un tel rassemblement de talents à un instant donné. C'est peut-être ça, au fond, la vraie définition d'une équipe de rêve.