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Préparation physique

Améliorer son tir : la mécanique du shoot, geste par geste

Améliorer son tir : la mécanique du shoot, geste par geste

Au gymnase, le mercredi soir, la première chose que je regarde chez un jeune qui shoote, ce sont ses pieds. La balle peut partir de travers pour dix raisons, mais la cause se trouve presque toujours en dessous des genoux ou au niveau du coude, rarement dans les doigts. Améliorer son tir au basket commence donc par une lecture du geste dans l'ordre où il se construit : les appuis, l'alignement du corps, le coude, le poignet, puis l'arc de la balle.

Ce qui suit vaut pour le tir à l'arrêt comme pour le tir en course d'élan : la mécanique reste la même, seule la façon d'arriver dans la position change. Je détaille chaque étape, les erreurs qui reviennent chaque saison et une progression d'exercices.

Les appuis : tout commence en dessous des genoux

Un tir équilibré part de deux pieds écartés de la largeur des épaules, le pied du côté de la main de tir un peu en avant, les orteils orientés vers le panier. Les genoux sont fléchis avant la réception de la balle, pas après : c'est ce qui permet de monter en un seul mouvement au lieu de plier puis de se redresser. Le poids se répartit sur l'avant des pieds, sans basculer sur les talons.

Deux façons d'arriver dans cette position existent. Le un-deux pose un pied puis l'autre en réceptionnant la balle, le pied intérieur d'abord. Le hop (petit saut) fait atterrir les deux pieds en même temps, souvent avec un léger pivot des hanches vers le cercle. Chez les jeunes, je commence toujours par le un-deux, plus lisible et plus facile à corriger. Le hop vient ensuite, quand la réception à deux pieds ne fait plus perdre l'équilibre.

BEEF : quatre lettres pour ne rien oublier

Les entraîneurs américains résument le tir avec l'acronyme BEEF, que j'utilise aussi parce qu'il tient dans la tête d'un joueur de douze ans. Chaque lettre est un point de contrôle, à vérifier dans l'ordre :

  • Balance (équilibre) : pieds écartés, genoux fléchis, tronc droit au-dessus des hanches.
  • Eyes (regard) : les yeux fixent la cible avant que la balle ne monte, et y restent jusqu'à l'arrivée. Certains visent l'arrière de l'anneau, d'autres l'avant ; l'important est de choisir un point et de s'y tenir.
  • Elbow (coude) : le coude de la main de tir se place sous la balle, plié en L, aligné avec le genou et le pied du même côté.
  • Follow-through (suivi du geste) : le bras se déplie vers le cercle, le poignet casse vers l'avant, les doigts pointent vers le sol après le lâcher. On garde le bras en l'air le temps que la balle retombe.

Cet aide-mémoire donne au joueur un vocabulaire pour s'auto-corriger. Quand un de mes jeunes rate trois tirs de suite à droite du cercle, je lui demande « troisième lettre ? » et il replace son coude tout seul.

Le coude, le poignet et le suivi du geste

La balle repose sur les doigts écartés de la main de tir, avec un espace entre la paume et le cuir. La main opposée, dite main de guidage, se pose sur le côté de la balle et ne participe pas à la poussée : elle stabilise, puis se retire juste avant le lâcher. Le défaut le plus fréquent sur le terrain est là, avec un pouce de la main de guidage qui pousse la balle et lui donne une rotation de côté.

Le mouvement part des jambes, remonte par le tronc et se termine dans le poignet. Le coude passe devant le visage sur une ligne droite vers le cercle, le bras se déplie, le poignet claque. La balle quitte la main par l'index et le majeur, ce qui produit une rotation arrière régulière. Cette rotation freine la balle au contact de l'anneau et sauve une partie des tirs un peu longs. Un ballon qui tourne de travers, ou pas du tout, rebondit loin.

L'arc de la balle et la taille de la cible

L'anneau fait 45 centimètres de diamètre intérieur, à 3,05 mètres du sol en catégorie senior. Un ballon de taille 7 mesure autour de 24 centimètres de diamètre : il reste de la marge, à condition que la balle arrive d'assez haut. Vue d'un tir tendu, l'ouverture du cercle se réduit à une ellipse étroite ; vue d'un tir bien arqué, elle retrouve presque sa forme ronde.

Les systèmes de mesure utilisés par des équipes professionnelles, comme ceux de la société Noah Basketball, situent l'angle d'entrée idéal autour de 45 degrés, avec une balle qui passe un peu au-delà du centre de l'anneau. Un arc plus haut agrandit la cible, mais le joueur contrôle moins la profondeur de son tir. Un arc plus plat exige une précision que personne ne tient sur quarante minutes. Pour un jeune, la consigne concrète est simple : la balle doit monter nettement plus haut que le panneau avant de redescendre.

Tir à l'arrêt et tir en course d'élan

Sur un tir à réception, le catch and shoot, tout se joue avant que la balle n'arrive : pieds placés, genoux fléchis, mains présentées. Le joueur attrape et monte dans la foulée, en un temps, avec le geste travaillé seul devant le cercle.

Le tir après dribble ajoute une difficulté : il faut freiner une course, puis se relever droit. Le dernier dribble est plus bas et plus fort, la balle remonte dans la poche de tir au niveau de la poitrine, pendant que les pieds s'arrêtent en un-deux ou en hop. Le buste a tendance à partir vers l'avant, entraîné par la vitesse ; on corrige en demandant au joueur de retomber sur ses appuis de départ, jamais devant. La routine d'échauffement avant un match est le bon moment pour enchaîner ces deux formes de tir à intensité progressive.

Les erreurs que je corrige le plus souvent

ErreurCe que ça donneCorrection
Coude écarté vers l'extérieurBalle qui part à côté, du côté de la main de tirTirs à un mètre du cercle en vérifiant l'alignement coude-genou-pied
Pouce de la main de guidage qui pousseRotation de côté, rebonds imprévisiblesTirs à une main, la main de guidage dans le dos
Tir en deux tempsBalle courte, geste lent et lisible pour le défenseurRéceptionner genoux déjà fléchis, monter d'un seul bloc
Buste penché en avantTirs courts, déséquilibre à la retombéeRetomber sur la trace de ses pieds de départ
Bras qui redescend aussitôtBalle poussée plutôt que lâchée, arc platGarder le bras tendu jusqu'à ce que la balle touche l'anneau

Des exercices progressifs, du plus simple au tir en situation

Le principe : ajouter une seule contrainte à la fois. Chaque étape s'enchaîne quand la précédente donne un geste stable, et le retour à l'étape d'avant reste possible un soir où rien ne rentre.

  1. Form shooting : à un mètre du cercle, tirs à une main en vérifiant les quatre points du BEEF. Vingt tirs, sans compter les réussites.
  2. Tirs autour du cercle : cinq positions à deux ou trois mètres, avec la main de guidage. On change de position après trois réussites d'affilée.
  3. Ligne des lancers francs : à 4,60 mètres du panneau, séries de dix avec la même routine avant chaque tir.
  4. Catch and shoot avec passeur : réception en un-deux puis en hop, depuis les deux ailes et l'axe.
  5. Tir après dribble : un dribble puis deux, dans les deux sens, en freinant sur les appuis. À placer en fin de séance, quand les jambes portent moins bien.
  6. Tir contesté : un défenseur passif d'abord, la main levée, puis actif. C'est là que l'on voit si le geste tient.

Un point de matériel qui compte chez les jeunes : le ballon doit correspondre à la catégorie. En France, les U11 jouent en taille 5 sur un panier abaissé, la taille 6 arrive en U13 avec le cercle à 3,05 mètres, et la taille 7 ne concerne que les garçons à partir des U15. Un enfant de dix ans qui tire avec un ballon d'adulte sur un panier d'adulte apprend à pousser avec l'épaule, l'exact contraire de ce qu'on cherche. Le guide pour choisir un ballon de basket détaille les tailles et les matières.

Se construire une routine et la garder

Regarde un bon tireur aux lancers francs : il fait la même chose avant chaque tentative, au dribble près. Cette routine sert à retrouver le même point de départ mécanique quel que soit le score ou la fatigue. Deux ou trois dribbles, une respiration, les yeux sur la cible, le tir. Avec mes jeunes, je leur demande de choisir leur routine en début de saison et de ne plus y toucher jusqu'en juin.

Le geste, lui, se modifie en dehors des matchs. Corriger un coude ou une prise de balle demande plusieurs semaines pendant lesquelles le pourcentage baisse avant de remonter, et un joueur qui change son tir en pleine compétition perd sur les deux tableaux. Les grands shooteurs, ceux qu'on citait déjà dans nos archives sur les grands blancs qui savent shooter, ont tous en commun un geste fixé tôt, puis répété des centaines de milliers de fois. La mécanique décrite ici n'est que le point de départ ; les répétitions font le reste.