Comme un problème de casting
Depuis les années 90 avec Petrovic et Divac, et surtout depuis le début des années 2000 avec les arrivées de Pau Gasol, Yao Ming et Tony Parker, la NBA n'a cessé de s'internationaliser. Avant essentiellement composée d'athlètes américains, la Grande Ligue a ouvert ses portes aux européens ainsi qu'aux asiatiques, découvrant des talents qu'elle ignorait. Raisons sportives ou marketing avec l'ouverture de nouveaux marchés pour l' »entreprise NBA« , les causes de cette mondialisation sont donc multiples. Grâce à cela, les jeunes du monde entier ont commencé à s'intéresser au basket américain, emmenés par les réussites multiples de leurs compatriotes.
Parker, même si beaucoup jurent le contraire, a fortement contribué à la promotion de la Balle Orange en France. Même chose en Chine avec en 2002 la sélection de Yao Ming en premier choix de la Draft NBA. En provenance des Shanghai Sharks, le géant chinois va emmener avec lui des millions de fans qui vont désormais suivre la Grande Ligue.
Vente de maillots et de produits dérivés en tout genre, droits TV et audience records, les avantages sont nombreux pour le business de David Stern. Pourtant, ces fans chinois vont parfois se montrer un peu envahissants, surtout quand l'heure du All-Star Game arrive !
90 minutes sur les parquets

En effet selon « Opération Yao Ming » de Brook Larmer sorti en 2005, les parents du pivot, tous deux basketteurs également, auraient été victime d'un mariage forcé. Grands et habiles dans le basket, le couple devait mettre au monde un futur champion de l'empire chinois, un champion capable de rivaliser avec les pointures américaines.
L'opération fut une réussite donc quelques années durant. Revenons donc au All-Star Game, un joueur présent durant les 5 premiers match de la saison est-il digne de figurer au match des étoiles ? Evidemment que non, surtout qu'il n'est pas en mesure physiquement de tenir sa place.
Un symbole chinois

Premier chinois à intégrer la NBA, Ming devient très rapidement une icône dans l'empire du milieu. Adulé de tous, il symbolise la réussite chinoise dans un des sports majeurs du pays. Les autorités en profitent pour en faire un symbole, allant jusqu'à le récompenser du titre d' »ouvrier modèle » en 2005. Chinois le plus connu du monde selon Forbes, il est même le fer de lance de la délégation chinoise lors des Jeux Olympiques de Pékin.
Parmi les gagnants de cet engouement, on retrouve bien évidemment les Houston Rockets, franchise de Ming qui voit ses audiences et ses ventes de maillots exploser. L'année dernière encore, Tracy McGrady pourtant au fond du trou sportivement, avait lui aussi été nommé au match des étoiles. Ses nombreuses années à Houston en avait fait l'un des chouchous des fans chinois.
Un système remis en cause
Ces sélections ridicules aux All-Star Game de Yao Ming et de Tracy McGrady remettent donc en cause le système de nominations de la NBA. Durant plus de 8 ans, aucun pivot à l'Ouest n'a pu être titulaire, la place étant systématiquement prise par le troisième plus grand joueur de l'histoire de la NBA. Comment peut-on lutter contre des centaines de millions de votants même pour un pays comme les Etats-Unis ?

La NBA, même si pour l'instant aucun changement ne semble se dessiner, doit absolument trouver une solution à ce problème. Ming sera très certainement remplacé par Tim Duncan ou Pau Gasol cette année étant donné sa blessure. Pourtant si rien ne change, on risque bien de retrouver des joueurs tels que Yi Jianlian (autre chinois) lors des prochains All-Star Game. Les chinois votent pour leurs ressortissants, que les résultats soient à la hauteur ou non…