BasketMan.fr, accueil
NBA

Michael Jordan : les six titres des Bulls, l'histoire d'une décennie

Michael Jordan : les six titres des Bulls, l'histoire d'une décennie

Michael Jordan a remporté six titres NBA avec les Chicago Bulls entre 1991 et 1998, répartis en deux séries de trois championnats consécutifs. Cette décennie reste, presque trente ans plus tard, l'exemple le plus cité quand on évoque une dynastie en basket : deux three-peat, une parenthèse baseball inattendue, et une poignée de matches devenus légendaires à eux seuls, du Flu Game au Last Shot.

Retracer ces six titres, c'est aussi suivre l'histoire d'un groupe bâti autour de Scottie Pippen, de Phil Jackson sur le banc, et d'un noyau qui a su se réinventer entre les deux séries de sacres.

Le premier three-peat : 1991, 1992 et 1993

Le premier titre tombe en 1991. Les Bulls affrontent en finale les Lakers de Magic Johnson, l'équipe qui avait dominé la décennie précédente. Los Angeles remporte le premier match, mais Chicago hausse le ton et enchaîne quatre victoires consécutives pour s'imposer 4 victoires à 1. Ce sacre lance l'ère Jordan sur la Ligue.

La saison suivante, les Bulls retrouvent la finale face aux Trail Blazers de Portland et l'emportent 4 victoires à 2, confirmant leur statut de meilleure équipe de la Ligue. En 1993, Chicago boucle ce premier three-peat en battant les Suns de Phoenix, menés par Charles Barkley, sur le même score de 4 victoires à 2. Jordan est nommé MVP des finales à chacune de ces trois éditions.

La parenthèse baseball : la saison où Jordan a quitté le basket

En octobre 1993, quelques mois seulement après ce troisième sacre, Jordan annonce sa retraite du basket. Son père, James Jordan, a été assassiné durant l'été de la même année, une épreuve qui pèse lourd dans sa décision. Jordan choisit alors de se lancer dans le baseball, un sport que son père l'avait toujours encouragé à pratiquer enfant.

Il rejoint en 1994 les Birmingham Barons, club affilié en ligue mineure aux White Sox de Chicago, et dispute une saison complète comme joueur de champ extérieur. Le bilan statistique reste modeste, avec une moyenne au bâton d'environ ,202, mais l'expérience marque durablement l'image du champion, prêt à recommencer une discipline depuis le bas de l'échelle.

Le retour arrive en mars 1995, annoncé par un communiqué resté célèbre pour sa sobriété : deux mots, « I'm back ». Jordan porte d'abord le numéro 45, celui qu'il avait aux Barons, avant de reprendre son numéro historique, le 23, en cours de saison. Le come-back ne se solde toutefois pas par un nouveau titre immédiat : les Bulls tombent dès les demi-finales de conférence face au Magic d'Orlando, emmené par Shaquille O'Neal et Penny Hardaway, battus 4 victoires à 2.

Le second three-peat : 1996, 1997 et 1998

Cette désillusion de 1995 sert de déclic. La saison 1995-1996 voit l'arrivée de Dennis Rodman dans l'effectif, aux côtés de Jordan, Pippen et Phil Jackson sur le banc. Les Bulls signent 72 victoires pour seulement 10 défaites en saison régulière, un record à l'époque jamais atteint dans l'histoire de la Ligue. Chicago balaie ensuite le Magic d'Orlando en finale de conférence, prenant sa revanche sur l'élimination de l'année précédente, puis dispose des Sonics de Seattle en finale NBA sur le score de 4 victoires à 2. Jordan retrouve son titre de MVP des finales.

1997 amène l'un des épisodes les plus racontés de la carrière de Jordan : le Flu Game. Diminué par une intoxication ou un virus survenu la veille à Salt Lake City, il joue malgré tout le match 5 de la finale face au Jazz d'Utah, le 11 juin 1997. Épuisé, au bord du malaise, parfois soutenu par ses coéquipiers entre les actions, il inscrit 38 points et porte les Bulls vers une victoire 90 à 88, décisive dans une série alors à 2 victoires partout. Chicago referme la finale quelques jours plus tard sur le score global de 4 victoires à 2.

Le sixième et dernier titre de la décennie survient en 1998, à nouveau face au Jazz d'Utah. Le match 6, disputé le 14 juin 1998 au Delta Center de Salt Lake City, reste connu comme le Last Shot. Menés 86 à 85 à moins de vingt secondes du terme, les Bulls voient Jordan intercepter un ballon sur Karl Malone, remonter le terrain balle en main, puis inscrire un tir à mi-distance au-dessus de Bryon Russell pour donner l'avantage à Chicago, 87 à 86, à 5,2 secondes de la fin. Les Bulls conservent cet écart jusqu'à la sirène. Jordan termine la rencontre avec 45 points et un sixième titre de MVP des finales, un total jamais égalé.

Une décennie qui a redéfini le Chicago des années 1990

Ces six titres, obtenus en huit saisons avec une pause volontaire au milieu, ont installé les Bulls parmi les franchises les plus décorées de l'histoire de la NBA, aux côtés des Celtics et des Lakers. L'équipe ne conserve toutefois pas ce noyau au-delà de 1998 : Phil Jackson quitte le banc, Pippen change de maillot, et Jordan lui-même prend une nouvelle retraite avant un retour plus tardif, sous d'autres couleurs.

Pour mesurer ce que cette dynastie a laissé derrière elle une fois le rideau tombé, notre article sur Chicago Bulls, 13 ans après revient sur l'héritage de cette équipe bien après son démantèlement. Jordan, de son côté, a aussi marqué son époque hors des parquets, jusque dans ses choix d'équipementier : notre article sur Jordan et Adidas, l'acte manqué raconte un épisode méconnu de cette histoire parallèle.